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Pourquoi les dents de certains lapins sont plus jaunes que d’autres?

  • Photo du rédacteur: Clapier Des Lucioles
    Clapier Des Lucioles
  • 21 févr.
  • 3 min de lecture

Il n’est pas rare que des propriétaires s’inquiètent en comparant les incisives de deux lapins : l’un présente des dents ivoire presque blanches, l’autre des dents jaune soutenu, parfois même orangées. Pourtant, les deux mangent la même moulée, le même foin et vivent dans le même environnement.


Alors, d’où vient cette différence de couleur ?



La couleur normale des dents chez le lapin



Contrairement aux idées reçues, les dents du lapin ne sont pas censées être blanches comme celles des humains.


Les incisives des lagomorphes contiennent des pigments de fer intégrés dans l’émail. Cette pigmentation donne une teinte qui varie du crème au jaune foncé, parfois légèrement orangé. Ce phénomène est bien documenté en anatomie dentaire des lagomorphes (Crossley, 2003 ; Meredith & Lord, 2014).


La coloration est donc :


  • Physiologique

  • Normale

  • Variable d’un individu à l’autre



Deux lapins peuvent recevoir une alimentation identique et présenter une teinte différente simplement en raison de leur génétique et de la structure de leur émail.



Pourquoi le fer colore-t-il les incisives ?



Les incisives du lapin sont dites élodontes : elles poussent continuellement tout au long de la vie. La présence de fer dans l’émail augmente la dureté de la face antérieure des incisives, ce qui favorise une usure efficace et fonctionnelle (Harcourt-Brown, 2002).


La coloration jaune/orangée est donc associée à une dent saine et bien minéralisée.


Des incisives totalement blanches ne sont pas nécessairement anormales, mais une coloration légère à marquée est considérée comme physiologique chez la majorité des individus.



Le rôle de l’alimentation



L’alimentation influence surtout l’usure dentaire, beaucoup plus que la couleur.


Un apport adéquat en foin riche en fibres favorise une abrasion naturelle et harmonieuse des incisives et des molaires (Meredith & Flecknell, 2006).


Cependant, la teinte ne dépend pas uniquement :


  • Du type de foin

  • De la moulée

  • Des légumes offerts



Même dans un élevage où tous les lapins consomment la même ration, on observe des variations de pigmentation.


Il est donc erroné d’associer automatiquement dents jaunes et mauvaise alimentation.



Quand la couleur devient-elle préoccupante ?



La couleur seule n’est pas un indicateur fiable de maladie dentaire.


En revanche, certains signes doivent alerter :


  • Stries profondes ou irrégulières

  • Fissures

  • Mauvais alignement (malocclusion)

  • Allongement excessif

  • Hypersalivation

  • Perte d’appétit

  • Amaigrissement

  • Écoulement oculaire chronique



Les maladies dentaires sont fréquentes chez le lapin domestique, notamment les malocclusions congénitales ou acquises (Harcourt-Brown, 2002 ; Crossley, 2003). Elles affectent surtout l’alignement et l’usure, pas simplement la teinte.


Une incisive bien alignée, lisse, de longueur normale et sans inflammation gingivale reste physiologique, même si elle est plus foncée que celle d’un autre lapin.



Variabilité individuelle



Comme pour la couleur des yeux ou du pelage, la pigmentation dentaire varie naturellement entre individus.


Facteurs pouvant influencer la perception de la couleur :


  • Éclairage lors de la photo

  • Humidité de la dent

  • Angle de prise

  • Usure différente entre incisives supérieures et inférieures



Il est également fréquent d’observer une légère différence de teinte entre les incisives supérieures et inférieures d’un même animal.



Conclusion



Chez le lapin, une dent jaune ou légèrement orangée est généralement normale. Cette coloration est liée à la présence naturelle de fer dans l’émail et contribue à la solidité de la dent.


Ce n’est pas la couleur qui doit inquiéter, mais :


  • L’alignement

  • La longueur

  • L’usure

  • Les signes cliniques associés



Avant de conclure à un problème, il est important d’évaluer l’ensemble du tableau clinique.





Références



Crossley, D.A. (2003). Oral biology and disorders of lagomorphs. Veterinary Clinics of North America: Exotic Animal Practice, 6(3), 629–659.


Harcourt-Brown, F. (2002). Textbook of Rabbit Medicine. Butterworth-Heinemann.


Meredith, A., & Flecknell, P. (2006). BSAVA Manual of Rabbit Medicine and Surgery. BSAVA.


Meredith, A., & Lord, B. (2014). Rabbit Dentistry. Journal of Exotic Pet Medicine, 23(4), 370–381.



 
 
 

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