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Qu’est-ce qu’un lapin d’enseignement?

  • Photo du rédacteur: Clapier Des Lucioles
    Clapier Des Lucioles
  • 12 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Réalités scientifiques, cadre éthique et importance de la formation vétérinaire



Le terme lapin d’enseignement suscite souvent des réactions émotives. Il est parfois associé, à tort, à l’expérimentation animale invasive ou à des pratiques non éthiques. Pourtant, dans le contexte québécois et canadien, cette appellation renvoie à une réalité bien définie, encadrée et documentée, qui mérite d’être expliquée de façon claire et factuelle.


Cet article vise à présenter ce qu’est réellement un lapin d’enseignement, dans quels contextes il est utilisé, pourquoi cette formation est essentielle pour les professionnels de la santé animale, et ce que la littérature scientifique et les cadres réglementaires disent à ce sujet.





Définition : qu’est-ce qu’un lapin d’enseignement ?



Un lapin d’enseignement est un lapin utilisé dans un cadre pédagogique structuré, principalement dans :


  • des programmes de techniques en santé animale (TSA),

  • des facultés de médecine vétérinaire,

  • ou des établissements d’enseignement reconnus offrant une formation clinique supervisée.



L’objectif n’est pas la recherche expérimentale, mais l’apprentissage de gestes cliniques essentiels, dans un environnement contrôlé, avant l’entrée sur le marché du travail.





Pourquoi former les techniciens en santé animale avec des lapins ?



Les lapins font partie des nouveaux animaux de compagnie (NAC) les plus fréquemment rencontrés en clinique vétérinaire. Leur physiologie, leur comportement et leur sensibilité au stress sont très différents de ceux des chiens et des chats.


Sans formation préalable :


  • les manipulations peuvent être maladroites ou prolongées,

  • le stress du lapin augmente rapidement,

  • le risque de blessure ou de complications s’élève,

  • la qualité des soins s’en trouve diminuée.



La formation pratique permet aux futurs techniciens :


  • d’apprendre les techniques de contention sécuritaires,

  • de reconnaître les signaux de stress propres aux lapins,

  • d’effectuer des gestes techniques avec précision,

  • et de réduire la durée et l’intensité des manipulations.



Apprendre ces compétences avant l’arrivée en clinique est essentiel pour protéger le bien-être animal. Cela évite que les premières expériences techniques aient lieu directement sur des animaux de clients, sans encadrement pédagogique.





Quelles pratiques sont enseignées ?



Contrairement à certaines croyances, les lapins d’enseignement ne sont pas utilisés pour des procédures expérimentales lourdes. Les activités décrites dans la littérature incluent principalement :


  • la manipulation et la contention,

  • l’examen clinique,

  • les prises de sang,

  • la cystocentèse,

  • l’observation physiologique,

  • l’apprentissage des protocoles anesthésiques dans un cadre contrôlé.



Ces apprentissages sont encadrés par des professionnels et visent à améliorer la compétence clinique, pas à multiplier les interventions.





Pourquoi sont-ils souvent blancs aux yeux rouges ?



De nombreux lapins d’enseignement sont albinos ou de robe claire. Ce choix est fonctionnel, non symbolique :


  • meilleure visibilité des veines,

  • observation facilitée des muqueuses,

  • repérage anatomique plus précis.



Cette pratique est documentée dans les ouvrages de médecine vétérinaire et vise à réduire les erreurs techniques, ce qui est cohérent avec les principes de bien-être animal.





Cadre éthique et réglementaire au Québec et au Canada



L’utilisation d’animaux à des fins d’enseignement est strictement encadrée par :


  • des comités d’éthique en utilisation des animaux (CEUA),

  • les lignes directrices du Conseil canadien de protection des animaux (CCPA),

  • et des politiques institutionnelles obligatoires.



Chaque protocole doit démontrer :


  • une justification pédagogique claire,

  • l’absence d’alternative raisonnable,

  • la réduction du nombre d’animaux utilisés,

  • et la minimisation de la douleur, du stress et de l’inconfort.



Au Canada, les tests cosmétiques sur les animaux sont interdits depuis 2023.

L’enseignement et certaines formes de recherche scientifique demeurent permis, à condition d’être éthiquement justifiés et rigoureusement encadrés.





Mythes vs réalités




Les lapins utilisés en enseignement ou en recherche sont-ils euthanasiés ?




Mythe



Les lapins utilisés pour l’enseignement ou la recherche sont tous euthanasiés après.



Réalité



Non. L’euthanasie n’est pas systématique et dépend du type de protocole auquel l’animal a participé.


Lorsque les activités sont non invasives ou faiblement invasives — comme la manipulation, l’examen clinique, les prises de sang limitées, l’imagerie ou l’enseignement de gestes techniques — les lapins sont généralement :


  • adoptés,

  • transférés vers des refuges partenaires,

  • ou intégrés à des programmes de placement.



L’euthanasie n’est envisagée que dans des situations précises :


  • lorsque l’étude est dite terminale et nécessite une analyse post-mortem,

  • lorsque des procédures invasives rendent impossible le maintien d’une qualité de vie acceptable,

  • ou lorsque le bien-être de l’animal est compromis malgré les soins prodigués.






Mythe



Les lapins de recherche sont utilisés sans règles ni encadrement.



Réalité



Toute utilisation d’animaux à des fins d’enseignement ou de recherche doit être approuvée par un CEUA et respecter les lignes directrices du CCPA. Les protocoles sont évalués avant leur mise en œuvre, et le devenir de l’animal est prévu dès le départ.





Mythe



Les lapins sont « jetés » après usage.



Réalité



Les lapins ne sont pas considérés comme des objets jetables. Leur statut d’êtres sensibles est reconnu, et leur devenir est encadré par des normes éthiques et réglementaires strictes.





En conclusion



Un lapin d’enseignement n’est ni un symbole ni un outil narratif.

C’est un animal vivant, sensible, intégré dans un cadre éducatif réglementé dont l’objectif ultime est l’amélioration des soins vétérinaires offerts à tous les animaux de compagnie.


Former adéquatement les techniciens et les professionnels de la santé animale permet de réduire la souffrance, d’améliorer la qualité des soins et d’assurer une pratique clinique plus respectueuse.


La science vétérinaire progresse par la connaissance, la transparence et l’évaluation continue.

C’est cette approche, fondée sur les données et l’éthique, qui permet d’améliorer durablement le bien-être animal.





Références



  • Fisher, P. G., Brown, C., et al. (2020). Early-Age Neutering in Rabbits. Journal of Exotic Pet Medicine.

  • Harcourt-Brown, F. (2002). Textbook of Rabbit Medicine.

  • AVMA (2019). Guidelines on the Use of Animals in Teaching.

  • Conseil canadien de protection des animaux (CCPA). Lignes directrices sur l’utilisation des animaux à des fins pédagogiques.



 
 
 

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